Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

fiche pédagogique les Nouvelles aventures de la petite taupe

24 Janvier 2013 , Rédigé par duluxysurletableau.over-blog.com Publié dans #Parcours Culturel

Les Nouvelles aventures de la petite taupe (2008) 
de Zdenek Miler 

La petite taupe (Krtek en tchèque) a vécu une cinquantaine d'aventures entre 1957 et 2002, soit en quarante-cinq ans.


Génèse

Sa naissance découle d'une commande passée à Zdeněk Miler, son créateur : effectuer un film d'animation en vue d'expliquer aux enfants la fabrication de la toile de lin. Le cinéaste pense alors qu'un animal sympathique est sans doute le meilleur moyen d'intéresser les enfants à ce sujet et il souhaite en utiliser un qui ne soit pas déjà présent dans des dessins animés.
La petite taupe fait ainsi son apparition dans Comment la petite taupe a confectionné son pantalon (Jak krtek ke kalhotkám prisel, 1 janvier 1957). Il faudra ensuite attendre six ans pour que l'animal revienne dans La petite taupe et l'automobile (Krtek a autícko, 1 janvier 1963).
Il se passe fréquemment plusieurs années entre les différents films mettant en scène la petite taupe et c'est surtout au milieu des années 1970 et durant les années 1990 que Zdeněk Miler réalise régulièrement de nouveaux épisodes

                                   Regard-a-la-camera-generique-petite-taupe-avec-phonogra.png

Caractéristique des récits 

Chaque aventure présente dans ce programme a ses caractéristiques propres, mais des traits communs unissent ces cinq courts métragesd'animation.

À l'exception de La petite taupe et l'automobile (1963) situé en ville, ces films se déroulent à la campagne et mettent en scène une nature plutôt variée qui offre différents possibles (telles des bogues de châtaignes et une boîte d'allumettes abandonnée permettant d'effectuer plusieurs objets et activités) et n'est pas exempte de dangers (le hérisson s'y fait capturer). Ces récits véhiculent une poésie tendre qui repose notamment sur de belles trouvailles absurdes, souvent drôles : des fruits paraissent se déplacer tous seuls, des oiseaux jouent d'un instrument de musique et les notes entendues se matérialisent et sont utilisées pour fabriquer un disque… Ces aventures combinent plusieurs formes de comique : comique de situation, de gestes, d'objets, de répétition… Souvent, une action génère une réaction qui entraîne chutes, courses poursuites, fuites et des conséquences disproportionnées… Ainsi, comme bien des films réalisés en Tchécoslovaquie à la même époque, ces films tiennent du burlesque.

 Il est question ici de la curiosité et du goût de la découverte, d'imagination et d'inventivité, de l'importance de la liberté, de l'amitié, de la solidarité, du désir et du rêve. Il se dégage de ces œuvres une joie de vivre revigorante mais jamais mièvre. 

Ces films sont conçus comme des variations autour d'une situation (la capture d'un hérisson) ou d'un objet. Cela est annoncé dès le générique d'ouverture qui pose un décor (des animaux empaillés se trouvant dans une école) ou présente ce qui va être au centre de l'action (des automobiles), ce parfois de manière directe et frontale lorsque la petite taupe elle-même apporte un objet (un téléphone, un phonographe) ou se tient dedans (une boîte d'allumettes), le présentant notamment en adressant un regard à la caméra et donc au spectateur. Ce dernier est ainsi pris en considération dès le générique d'ouverture du film et cela crée une certaine complicité entre lui et le personnage principal, complicité qu'il est probablement judicieux d'établir dans le cadre de films s'adressant aux enfants.



Des films dynamiques

Les dessins de ces cinq films comportent des formes plutôt simples et privilégient les rondeurs, jouent peu sur les effets de profondeur et accordent une certaine importance aux couleurs (nombreuses, variées, parfois assez vives). Les plans paraissent plutôt larges afin de placer les personnages dans un contexte précis, de saisir le lieu dans lequel ils évoluent et l'ensemble d'une action ; cependant, certains plans assez serrés permettent de resserrer le cadre sur une action et les gestes qu'elle requiert. Si les plans sont parfois fixes - la petite taupe paraît alors y évoluer comme sur une scène -, les mouvements de caméra sont assez fréquents. Brefs ou longs, ces mouvements de caméra s'accélèrent parfois soudainement - il en va ainsi de travellings latéraux permettant de passer d'un personnage à un autre (de la petite taupe aux chats, par exemple). 

L'aspect dynamique de ces films résulte également du montage : des raccords sur le mouvement accentuent la vivacité de certains déplacements (en vue de donner l'alerte ou de fuir) ; le montage alterné permet, lors d'une course poursuite, de passer des poursuivis au poursuivant ; les fondus enchaînés offrent la possibilité d'effectuer des ellipses temporelles et, ainsi, de raccourcir la durée d'une action, d'établir un lien de causalité, de passer du jour à la nuit… 

Le parti pris le plus récurrent est certainement le jeu sur l'espace. Bien souvent,le cadre du plan délimite d'abord l'espace dédié à un personnage : à chaque personnage correspond un plan. Ainsi, la taupe se tient dans un espace et un autre personnage (le hérisson, le téléphone) dans un autre avant qu'ils ne partagent le même plan. La conscience que l'espace ne se limite pas à ce qui est vu à l'écran, mais qu'il peut être enrichi par ce qui entoure le champ est ici très forte. L'espace est donc souvent mis en scène en tenant compte du hors-champ et de ce qui s'y trouve : les personnagesregardent dans sa direction, sont fréquemment vus entrant dans le champ ou en sortant… La nature de ce qui se tient dans le hors-champ varie - il s'agit notamment d'une menace (une présence humaine) ou de l'objet des recherches (le hérisson capturé) ou d'une envie (les automobiles) -, mais elle est souvent suggérée par le son. 

La bande son entremêle musique, onomatopées, borborygmes et bruitages. Ici, un son est attaché à une action, un élément, un objet… certains correspondant aux mouvements de la petite taupe. Par cette dimension illustrative, la bande son compense certainement l'absence de paroles intelligibles et a donc pleinement un rôle narratif. 


Boris Henry



Pistes pédagogiques

Montrer des films ou des extraits de films burlesques
On pourra montrer aux élèves des courts métrages ou des extraits de longs métrages burlesques, notamment de films avec Charles Chaplin, Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charley Bowers ou Jacques Tati. 

 

Mettre en relation ces films et ceux du programme

Les élèves perçoivent-ils les points communs qu'il peut y avoir entre ces films et ceux du programme ?

On pourra leur suggérer notamment les points suivants :

- L'assurance que manifeste la petite taupe - en particulier lorsqu'elle se trouve face au chat qu'elle croit empaillé et qui ne l'est pas (La petite taupe et le hérisson, 1970) - peut rappeler celle dont font preuve biens des personnages de films burlesques et notamment celle de Charlot ou d'Hardy.

- Le rapport à l'automobile dans La petite taupe et l'automobile (1963) et dans les films de Jacques Tati (1907-1982) et notamment dans Les Vacances de Monsieur Hulot (1953), Mon Oncle (1958) et Trafic (1971).

- Le rapport aux inventions dans La petite taupe et les allumettes (1974) et La petite taupe et la musique (1974) et les courts métrages de Charley Bowers et notamment dans Pour épater les poules (Egged On, 1925, États-Unis).

Dans ses films,Charley Bowers (1889-1946) interprète un inventeur (connu en France sous le nom de Bricolo) à l’imagination singulière et débordante qui, notamment, élabore des œufs élastiques et incassables, une peau de banane antidérapante, un arbre sur lequel sont greffés divers éléments (dont une queue de chat qui permet de faire apparaître un chat) !

 


La petite taupe et la souris et le hérisson en cage



Fabriquer un objet à partir d'un ou plusieurs éléments
- À partir d'un ou plusieurs éléments donnés (boîtes, allumettes, bouts de bois, bouteilles en plastique, marrons, verre poli, coquillages…), on demandera aux élèves d'en imaginer et d'en fabriquer d'autres.

La petite taupe avec la boîte d'allumettes


Un travail de création sonore
On pourra répartir les élèves en plusieurs groupes, les uns effectuant des sons tenant du bruitage, d'autres des onomatopées ou des borborygmes et les autres des sons issus d'instruments de musique.

 

* On s'aidera pour cela de toutes sortes d'objets (boîtes, bouteilles, feuilles de papier agitées ou froissées…), de voix naturelles ou modifiées (par une main, un tissu…) et d'instruments (tambourins, maracas, triangles, flûtes, kazoos, sifflets…).

 

* On dirigera les élèves - ou on les fera diriger par l'un d'eux - afin d'alterner ou d'entremêler bruits, musique et voix et d'essayer de créer une bande son - enregistrée ou pas - qui, par son principe, rappelle celle des courts métrages de ce programme.

 Rouge-gorge-flute-traversiere---LFDP_napt_05_1.jpg

 

 

Lien
L'affiche, des photos du film et un document pédagogique constitué de jeux sont téléchargeables sur le site Internet du distributeur :http://www.lesfilmsdupreau.com/prog.php?code=napt

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article